Relations miroirs? intérieur et extérieur: mieux comprendre les conflits

Il arrive que les conflits portent en leur cœur des cadeaux invisibles : des enseignements, des guérisons. Mais comment accueillir ces présents et retrouver la paix, lorsque l’on a été blessé ou profondément activé ?

Audrey Lehy

3/20/20268 min read

Intérieur/extérieur : les relations et les différents niveaux de lecture lors de conflits, quels qu’ils soient

Dans nos interactions avec les uns et les autres, il nous arrive de nous blesser, de nous piquer, et nous pourrions penser : tout est miroir, ou ce n’est pas moi, ou qu’est-ce qui me concerne et qu’est-ce qui ne me concerne pas…

En réalité, que se passe-t-il véritablement ?

(À mon sens) Dans un premier temps, il est normal de tout ramener à soi et, en soi, c’est d’ailleurs un processus naturel de notre conscience qui cherche à guérir l’ego pour ne plus laisser d’endroits obscurs et inconscients.

D’ailleurs, dans ce processus de guérison de l’ego, la conscience cherche à ne rien laisser de côté.

Lorsque l’ego est guéri, il n’y a plus de blessures ni de jeux de pouvoir, et la conscience peut se tourner davantage vers la reliance et l’extérieur.

C’est quelque part un processus à la fois d’individuation — se guérir, se connaître, se comprendre — puis qui devient moins nombriliste et plus universel au fur et à mesure que nous guérissons.

Cela dit, lorsque l’ego se guérit, les interactions avec les autres peuvent être très challengeantes. Et ce podcast est justement là pour permettre de prendre un temps, dès que vous vivez un pic, une gêne, un malentendu qui dure avec une personne, afin de comprendre ce qui se passe en vous et améliorer vos relations.

Nous sommes des êtres multidimensionnels. Cela veut dire que lorsque nous sommes activés, blessés, ou que nous vivons une situation inconfortable, plusieurs lectures peuvent se faire, sur plusieurs niveaux.

Cela peut toucher nos croyances, nos blessures, notre karma, cela peut nous faire entrer dans des jeux de pouvoir (nous les connaissons : bourreau, sauveur, victime), et cela peut également nous en apprendre beaucoup sur les projections, celles des autres et les nôtres.

Nous allons revenir dessus juste après.

Lorsque nous sommes activés ou blessés par quelqu’un qui, par exemple, va nous envoyer un pic, la partie la plus brute de notre être va réagir : c’est l’ego.

Elle va générer une réaction à chaud où l’on va vouloir se défendre et voir l’autre comme un ennemi.

Cette étape est normale et, à mon sens, je pense qu’il est important d’accepter que c’est une phase.

Phase 1 : on en veut à l’autre, on le pointe du doigt, et quelque part cela nous aide à exprimer nos émotions. Et lorsque nous sommes un peu plus calmes, nous pouvons passer à la phase 2, c’est-à-dire pointer du doigt non pas vers l’autre mais en nous.

Et c’est ici que notre sagesse peut commencer à s’approfondir et à grandir, car on va pouvoir aboutir à l’émergence d’un enseignement ou d’une guérison que nous avons besoin de recevoir.

Selon nos sensibilités, notre histoire, nos croyances, il y a une infinité de lectures sur ce qui nous arrive.

Et ici, c’est à vous de décortiquer cela avec l’intention de vous voir avec honnêteté, au-delà de vos masques, au-delà de vos illusions. Et il est possible que cela ne plaise pas à votre ego, mais vous pouvez vous souvenir qu’il souffre et que le but ici est de guérir ces espaces souffrants qui s’irritent et grincent encore au-dedans.

Bien sûr, un psychothérapeute peut grandement aider à vous observer et à démêler les situations inconfortables pour apporter une lecture à ce qui vous arrive.

Personnellement, ma psychologue m’a grandement aidée à démêler certaines situations durant plusieurs années, car tout au long de ma vie jusqu’ici, toutes mes relations ont activé fortement quelque chose en moi, toutes sans exception.

Avec le recul, je comprends que j’avais choisi, dans un autre espace-temps, ces personnes afin qu’elles m’enseignent quelque chose : parfois qu’elles me montrent mes blessures, parfois c’était pour m’inviter à dire non, à poser des limites…

Il y a eu tant d’enseignants…

Donc une psychothérapeute peut très bien vous aider à avoir une lecture de vos situations conflictuelles ; cependant, il est possible qu’il y ait d’autres niveaux de lecture.

Il m’est arrivé que les conseils de ma psy ne suffisent pas à faire émerger ce qui avait besoin de l’être, et il me fallait entrer en introspection et questionner ma conscience pour compléter le tableau.

Comment savoir que j’ai quelque chose d’important à apprendre ?

Lorsqu’il y a quelque chose à apprendre, la situation conflictuelle que nous avons vécue avec l’autre continue longtemps à occuper notre esprit. C’est-à-dire que si l’altercation a eu lieu hier, avant-hier, et que vous ne vous sentez pas serein, que la scène se rejoue dans votre esprit, alors c’est que quelque chose cherche à émerger : c’est très souvent un enseignement, une guérison.

Concrètement, que faire lorsqu’une situation de conflit s’invite et que vous vous sentez touché ?

L’important ici, c’est de faire un pas de côté.

Pour cela, il est parfois utile de se laisser quelques minutes, quelques heures, voire plusieurs, selon l’intensité de la situation vécue, afin de s’éloigner physiquement de la personne avec laquelle on a été activé.

Ainsi, vous pouvez vous recentrer, vous calmer, laisser votre être s’apaiser et sortir de son système de défense et/ou de survie.

Une fois calme, c’est ici qu’il est possible de commencer à démêler la pelote.

Vous pouvez alors ouvrir un dialogue à voix haute avec vous-même, en demandant de l’aide à votre conscience afin de poser factuellement tout ce qui s’est passé lors de cette situation de conflit.

Reprenez les faits, les mots, les circonstances.

Si vous ne vous rappelez pas de tout, rappelez-vous que votre conscience est une bibliothèque et demandez-lui de vous montrer les éléments importants à votre prise de conscience.

Vous pouvez prendre des notes ici, et écrire tout cela si cela vous permet de mieux poser la situation.

Je vous invite à vous demander ce que vous avez ressenti, en quoi cela vous a touché, à quel endroit cela vous a touché.

En tournant votre attention à l’intérieur de vous, sans vous occuper de celui ou celle qui vous a déclenché.

Afin que l’ego ne soit pas en résistance, rappelez-vous que l’autre, à ce moment-là, a joué un rôle de catalyseur pour vous montrer quelque chose.

Et demandez à votre conscience de quoi il s’agit.

Si rien n’émerge ici, méditez et demandez à la Grande Mère Source de vous apporter la lumière de sa sagesse dans cette histoire, car son amour va vous montrer exactement ce que vous avez besoin de voir.

Lorsque l’enseignement émerge, vous vous sentez soulagé, calme et serein, et vous ne voyez plus l’autre autant comme un ennemi ; à ce moment-là, il est plus facile de le voir comme un catalyseur, un enseignant venu déclencher quelque chose qui avait besoin d’être vu.

Peut-être ne restera-t-il pas auprès de vous pour autant, mais ça, c’est à vous de le décider.

Il arrive que lorsque nous sommes activés très fortement sur de très grosses blessures, il soit difficile de poursuivre le chemin aux côtés de l’acteur qui a joué ce rôle de catalyseur.

Vous êtes libre de poursuivre cette relation ou non.

Ici, il n’y a que vous qui puissiez savoir si c’est juste de continuer, ou si ce n’est plus possible.

Quoi que vous choisissiez de bon pour vous, rappelez-vous que la vie vous aime de façon inconditionnelle, et cela, qu’importe votre choix.

Si vous avez du mal à savoir quoi faire, et que ces activations se sont déroulées avec des personnes très proches que vous aimez profondément, préférez le dialogue et l’échange avec ces personnes à un moment où vous sentez que toutes les émotions sont retombées, et demandez à la Grande Mère Source de vous aider à établir une communication depuis votre cœur.

Vous pouvez aussi ressentir comment serait votre vie avec ou sans cette personne, pour sentir profondément combien elle compte pour vous.

Voici une autre lecture : les projections.

Parfois, une situation conflictuelle invite à poser ses limites, ou à renvoyer à l’autre les projections qu’il nous envoie.

Ces situations d’inconfort sont différentes : elles ne durent pas dans le temps et elles peuvent inviter à rétablir notre posture.

Avant de poursuivre, qu’est-ce qu’une projection ?

Pour Carl Gustav Jung, la projection est un mécanisme inconscient par lequel nous attribuons à une autre personne des pensées, émotions ou parts de nous-mêmes que nous n’arrivons pas à voir clairement en nous.

👉 Autrement dit :
nous voyons à l’extérieur ce qui vit à l’intérieur, sans en avoir conscience.

Cela concerne souvent :
• des blessures
• des peurs
• des désirs
• ou des parts de nous refoulées (ce que Jung appelle l’ombre)

Voici un exemple concret.

Je me souviens d’une longue période qui a duré plusieurs années, dans laquelle j’observais souvent chez les autres un besoin de reconnaissance.

Et cela me mettait mal à l’aise, jusqu’à ce que je cesse de pointer le regard vers l’extérieur pour comprendre que c’était ma conscience qui cherchait à ce que je regarde ce besoin de reconnaissance au-dedans de moi, afin de le guérir.

Dans cet exemple, j’ai projeté : je voyais à l’extérieur, chez les autres, ce que j’avais besoin de regarder en moi. Dès que j’ai tourné mon regard vers l’intérieur, plusieurs épisodes de guérison au cœur de cette dimension ont eu lieu.

➡️ Ce qui est projeté n’est pas forcément faux. C’est-à-dire que ce que l’on voit chez l’autre peut être vrai, mais cela n’a pas d’importance, car dans le monde il y a de tout, et si nous observons quelque chose qui ne nous concerne pas profondément, nous n’en faisons généralement pas toute une histoire.

Dans mon expérience, les projections sont généralement moins intenses émotionnellement que lorsqu’il y a des activations en lien avec des blessures qui cherchent à être guéries.

🌸 La clé selon Jung serait aussi de voir la projection comme un outil de connaissance de soi.

👉 Le chemin consiste à se demander :
• Qu’est-ce que cela me fait ?
• Qu’est-ce que je ressens ?
• Où cela me touche ?
• Quel est l’enseignement de cela ?

Lorsqu’une personne projette sur vous quelque chose et que vous ressentez que cela ne vous appartient pas, je vous invite ici à le lui redonner directement avec bienveillance.

Lorsque vous vivez une difficulté en lien avec une posture intérieure — poser des limites, par exemple, ou redonner à l’autre les projections qui ne sont pas vôtres — lorsque vous communiquez cela, vous devez vous sentir totalement soulagé immédiatement après l’avoir formulé.

Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a un autre niveau de lecture à avoir.

Vous pouvez alors demander à votre conscience, ou à la Grande Maman Source, de vous montrer ce qui est important à voir.

Pour finir, je dirais que plus vous apprenez à vous connaître, plus vous savez qui vous êtes, plus vous vous guérissez, et plus les relations avec les autres deviennent harmonieuses.

Je pense qu’il est aussi important d’ouvrir son cœur avec soi comme avec les autres, et d’oser reconnaître lorsque nous avons honte, peur, lorsque notre ego est blessé…

Bien souvent, le dire peut grandement aider à faire redescendre toute l’intensité de la situation en question.

Lorsque vous arrivez à vous voir avec clarté, vous êtes en mesure de ne pas vous sentir touché par ce qui ne vous appartient pas : le fameux “n’en faites pas une affaire personnelle”. Car vous savez exactement là où vous avez besoin de vous remettre en question et là où non, car c’est OK.

Faites confiance à vos ressentis et à votre conscience. Si vous êtes dans une démarche d’approfondir votre sagesse, et dans cette démarche d’améliorer vos relations intérieures et extérieures, la vie va conspirer à tout vous montrer dans une grande vérité.

Reconnaissez votre valeur, guérissez votre ego blessé, et installez-vous dans votre royaume intérieur en tant que souverain et souveraine, à votre rythme.

Ainsi, la relation avec vous-même et avec les autres sera merveilleuse et harmonieuse.

Mitakuye oyasin 🌿

AuDrEy.